La licence de coréen de Paris VII : on vous dit tout sur la formation !

Passionnés ou simplement curieux, vous souhaitez apprendre le coréen en formation initiale ? Il existe plusieurs établissements en France proposant ce type de cursus.

A Paris, seuls l’INALCO et l’Université Paris VII – Diderot proposent une licence Langues, Littératures et Civilisations Étrangères et Régionales (LLCER) : Coréen, accessible directement après le baccalauréat (candidatures via APB).

Pour en apprendre plus sur la formation de Paris VII, j’ai rencontré Yann, étudiant titulaire de la licence LLCE – Coréen de l’Université Paris Diderot.

Réponses à vos questions !

Q : Yann, parle-moi un peu de ton parcours. Pourquoi avoir choisi de t’inscrire dans cette licence ?

R : Vous allez rire, mais c’était un peu un hasard. Je ne parlais pas du tout coréen et je n’y connaissais pas grand chose à la Corée. Après avoir eu mon bac, je voulais surtout m’orienter vers l’édition, ou plutôt la traduction. Je me suis dit que j’allais traduire des mangas donc j’ai choisi des licences de japonais sur APB. Et comme je lisais un peu de manhwas, j’ai aussi envoyé ma candidature à Paris VII. Voila comment je suis arrivé là.

Q : Donc tu ne connaissais pas du tout la Corée en arrivant dans cette formation. Qu’est-ce que tu as découvert ?

R : Tout (rire). J’ai découvert la culture populaire, les dramas, la K-Pop et puis les arts, la littérature. Je connaissais déjà un peu le cinéma coréen parce que je regarde beaucoup de films. Et bien sûr, j’ai appris la langue.

 

Q : Les enseignements que tu as reçus étaient centrés essentiellement sur la langue ou également sur le pays en général ?

R : C’est super partagé. En première année, on se concentre surtout sur l’apprentissage de la langue et de l’histoire du pays. On a aussi des cours de géopolitique actuelle. On voit un peu les différents conflits. On en apprend plus sur la DMZ par exemple (note : Zone de démarcation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud).

Q : Toi qui ne connaissais rien au coréen, ce n’était pas trop difficile ?

R : Un peu (rire) ! En fait le coréen ça allait. Mais à partir du deuxième semestre de L1, on a des cours de chinois classique, le hanmun (한문). En coréen, il y a ce qu’on appelle les Hanja (한자). Ce sont des caractères chinois qui étaient utilisés avant le hangeul, et qui servent encore aujourd’hui à identifier des mots spécifiques et faire la différence entre les homophones. C’est un peu comme un équivalent du latin pour le français, en plus complexe.

On a des cours de chinois classique pendant les trois années de la licence. On apprend le tracé, les signes de base, le vocabulaire. Et on nous amène jusqu’à traduire Confucius, du chinois vers le coréen. Ça c’est un peu compliqué.

 

Q :  Tu peux me citer les différents cours que tu as eus ?

R : Il y avait le chinois classique, la civilisation de la Corée (c’était de la géopolitique moderne), l’histoire de la Corée. Je sais qu’aujourd’hui la formation a été remodelée et il y a des cours d’histoire de l’art de la Corée.

Bien sûr, on avait des cours de langue pure, des cours de traduction à partir de la L2 et des cours de littérature. A l’époque, on étudiait un seul livre. Aujourd’hui ils font plus de textes et des textes un peu plus récents.

Q : Tu dis que la formation a été remodelée. Pourquoi ?

R : Je suis rentré en L1 en 2010 et on était presque une centaine d’étudiants dans la promotion. C’est la première fois qu’il y avait autant d’étudiants et les professeurs ont été un peu dépassés. Il y a une vraie volonté de suivre chaque étudiant mais avec autant de monde, ça a tout compliqué. Ma promo était un peu la “promo test”. Du coup, l’université a remodelé les plaquettes, engagé de nouveaux professeurs, séparé certains cours en plusieurs modules. Je pense qu’il y a eu de vraies améliorations.

 

Q : Y-a-t-il des échanges entre Paris Diderot et des universités coréennes ?

R : Oui mais ils sont rares.Tout le monde ne peut pas partir et cela crée un écart de niveau entre les étudiants. Les étudiants étrangers arrivent seulement à partir du master.

Q : Pourrais-tu me citer un auteur ou un livre qui a été ta “découverte” pendant ta licence ?

R : C’est compliqué comme question (rire) ! Je dirais Monsieur Han (한씨 연대기) de Hwang Sok-yong. C’est un bouquin triste mais passionnant.

Je lisais assez peu de littérature coréenne avant, mais j’ai découvert les éditions Zulma et Piquier qui en font un peu.

 

Q : Que retiens-tu finalement de ta licence ?

R : C’est compliqué et intense. Parfois tu “pètes un câble” à force d’être plongé dans le même sujet pendant trois ans. Mais finalement, ça revient et tu es content d’être là.

Merci à Yann pour cette interview !

 

Si vous souhaitez consulter les brochures de ces formations, rendez-vous sur leurs sites internet.

Paris VII – Diderot : http://w3.univ-paris-diderot.fr/ufr_lcao/pg.php?np=ETUDCOR

INALCO : http://www.inalco.fr/formations/departements-filieres-sections/etudes-coreennes/formations

Et voici un article très complet répértoriant les établissements universitaires français offrant des enseignements de coréen : http://www.chinccha.com/le-coreen-dans-les-etablissements-superieurs-francais/

 

Crédit photo : Wikimédia Commons