Nous, les chiens : le film d’animation coréen qui a du flair

En 2019, une production coréenne était au programme de la sélection officielle du Festival d’Annecy, et elle n’avait pas peur de s’engager ! En effet, Nous, les chiens (언더독), réalisé par Oh Sung Yoon (오성윤) et Lee Chun Baek (이춘백), nous conte sans prendre de pincettes le fléau de l’abandon animalier à travers l’histoire d’une bande de chiens errants.

Synopsis

Tout commence lorsque Moongchi (뭉치), jeune chien impulsif, est abandonné dans un endroit en rase campagne par son maître. Jjangah (짱아) et son groupe de chiens errant le repèrent rapidement et l’intègrent à leur bande. Que ce soit pour mendier auprès des humains ou pour se cacher, Moongchi doit tout réapprendre. Il découvre aussi bien vite la présence d’un trio de chiens sauvages dans la forêt, aux antipodes de son groupe, qui survit sans la moindre aide humaine. Une d’entre eux, Bami (밤이), leur est tout particulièrement hostile malgré les efforts de Moongchi. Toutefois, tous sans distinction sont traqués inlassablement par un impitoyable chasseur. Après divers incidents, ils se doivent de partir pour leur survie. Une épopée commence alors vers un paradis sans humain que Gaeko (개코), un des chiens errants, aurait connu par le passé.

 

 

Fiche technique
– Production : Odoltogi (오돌또기)
– Distribution : The Jokers Film [en France] NEW/Next Entertainment World (넥스트엔터테인먼트월드) [en Corée du Sud]
– Programmation [en France] : Les Bookmakers

Casting des personnages principaux
Moongchi : Do Kyung Soo (도경수)
Bami : Park So Dam (박소담)
Jjangah : Park Chul Min (박철민)
Le chasseur : Lee Jun Hyuk (이준혁)
Gaeko : Kang Seok (강석)

 

Avis d’Anaëlle de Bonjour Corée

Nous, les chiens n’hésite pas à aborder des sujets difficiles. L’abandon des chiens est une problématique très importante en Corée du Sud, qui avait besoin d’être discutée. Pour exemple, 81 000 animaux ont été abandonnés en 2014 et plus de la moitié sont morts, soit dans les foyers, soit euthanasiés (selon un article de The Herald). La France peut aussi beaucoup en tirer, en tant que championne d’Europe dans l’abandon d’animaux domestiques en 2019 (d’après une publication de l’Express qui se fonde sur un communiqué de 30 millions d’amis).

Malgré cette thématique sombre, le film arrive à garder une certaine fantaisie grâce aux interactions des chiens entre eux. L’humour prend toutefois une place secondaire devant la thématique dramatique et engagée. Avec un tel postulat de départ, on pourrait d’ailleurs penser que les humains seraient les grands méchants du film. Heureusement, le traitement n’est pas complètement manichéen, et ces humains gagnent en profondeur au fil du scénario. Comme partout, il en existe des bons et des moins bons, avec l’extrême bien sûr représenté par le chasseur. 

Au final, je pense que c’est une oeuvre qui peut autant plaire aux enfants qu’aux adultes car elle utilise des mots simples mais pertinents pour parler de sujets durs. Et cette capacité, c’est le signe d’un bon film d’animation.

 

Anaëlle P.

 

SOURCES & CREDITS PHOTOS & VIDEOS : The Jokers