Sunny : la nostalgie des années 80

Au début des années 2010, la vague rétro avait le vent en poupe au box-office coréen. Parmi ces succès commerciaux, on retrouve la tragicomédie Sunny (써니), sortie le 4 mai 2011, réalisée par Kang Hyeon Cheol et produite par Toilet Pictures. 

Avec pas moins de 7 millions d’entrées, cela en fait le deuxième plus gros film de l’année et le trente-cinquième de tous les temps dans la péninsule. Le réalisateur s’était déjà fait connaître par une autre production à succès en 2008, Scandal Makers (과속스캔들), avec Cha Tae Hyun (차태현) et Park Bo Young (박보영).

Synopsis

C’est l’histoire d’un groupe d’amies un peu excentrique, nommé Sunny en hommage au célèbre hit de Boney M. Inséparables au lycée, elles ont perdu contact à l’âge adulte suite à un incident. Tout cela change lorsque Na Mi, timide artiste devenu mère au foyer aisée, rencontre leur leader, Chun Hwa, à l’hôpital. Très malade, celle-ci lui demande de réunir la bande une ultime fois comme dernière volonté. Cette recherche réveille de nombreux souvenirs chez Na Mi et nous emmène avec elle dans de nombreux flashbacks des années 80, époque où elle débarquait de sa province à Séoul. 

Que sont devenus Jang Mi, obsédée par l’idée d’une chirurgie esthétique, Jin Hee, lanceuse de jurons de compétition, Geum Ok, élève brillante qui se rêvait écrivaine, Bok Hee qui voulait devenir Miss Korea ou encore Su Ji, la jolie fille qui posait pour des magazines ? C’est ce que Na Mi cherche à savoir en engageant un détective privé pour les retrouver. Très vite, il apparaît que les choses ont bien changé, à commencer chez notre protagoniste qui en vient à remettre sa vie actuelle en question au fil des retrouvailles.

Casting 

Les versions adultes sont jouées par des visages familiers du petit écran comme Yoo Ho Jeong (유호정), vue récemment dans Heard it through the Grapevine, pour Na Mi ou encore Jin Hee Kyung (진희경), qui a participé à Suits ou Fight My Way, pour Chun Hwa. Les actrices qui portent les rôles adolescents sont toutes devenues des révélations, à l’instar de Kang So Ra (강소라) comblée de prix pour Chun Hwa. On peut aussi citer Shim Eun Kyung (심은경) en tant que Na Mi, Nam Bo Ra (남보라) qui interprète Geum Ok ou encore Min Hyo Rin (민효린) qui joue Su Ji. Un casting féminin stellaire et juste à chaque note, en somme. Les personnages masculins sont, de manière compréhensible, un peu plus en retrait dans cette grande histoire d’amitié féminine. On peut toutefois noter la performance de Kim Shi Hoo (김시후) pour Han Joon Ho, le tombeur aux cheveux longs de ces dames.

 

Critique d’Anaëlle de Bonjour Corée

Un de mes films préférés, il a résonné avec moi alors que je ne suis ni Coréenne, ni née dans les années 80, ce qui est tout de même une épreuve de force. Une recette réussie que prouve bien la pléthore de remakes dans l’aire asiatique (japonais, vietnamien et bientôt indonésien).

La palette de couleurs de cette décennie est très vive et agréable à l’oeil, contrastant avec celle grisâtre du présent (ce qu’attestent très bien certaines affiches du film). Le code vestimentaire alors plus libre, car dégagé de l’uniforme, est d’ailleurs prétexte à cela. Les musiques mêlent classiques de la chanson coréenne et hymnes planétaires anglo-saxons, soit des airs très entêtants pour les spectateurs. On apprécie d’ailleurs en tant que Français le clin d’œil à La Boum, film immensément populaire en Corée. L’histoire n’est pas en reste non plus avec des références moins joyeuses au contexte politique trouble de la décennie, notamment par le biais des révoltes étudiantes.

Pour moi, Sunny apparaît potentiellement comme le film coréen nostalgie de notre propre décennie, touchant sans pour autant être foncièrement dramatique, amusant sans toutefois manquer de profondeur. On tombe bien entendu sur les thématiques habituelles de ce type de récit comme le premier amour ou les attentes déçues par rapport aux idéaux de jeunesse. Les clichés sont donc présents, mais pas pour autant détestables et on ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie pour ces personnages attachants. On s’identifie aux ajhumma (아줌마) (NDLR : des femmes mariées ou ayant passé la trentaine) commes aux jeunes filles et c’est l’essentiel.

CREDITS PHOTO : CJ ENTERTAINMENT