The Bacchus Lady, un film sur le Séoul des marginaux

En cette semaine de canicule, pourquoi ne pas vous réfugier dans les salles obscures? Nous vous proposons un film coréen au sujet atypique, The Bacchus Lady. Réalisé par E J-Yong (이재용), vous pouvez dès à présent le voir dans nos cinémas et découvrir une autre facette de la ville de Séoul.


Titre : 죽여주는 여자 / The Bacchus Lady
Réalisateur : E J-Yong (이재용) (My Brilliant Life, Untold Scandal, Actresses…)
Sortie : 1er août 2018
Casting principal :
Yoon Yeo Jeong (윤여정): So Young
Jeon Mu Song  (전무송) : Jae Woo
Yoon Kye Sang (윤계상) : Do Hoon
An A Zu (안아주) : Tina
Choi Hyeon Joon (최현준) : Min Ho

 

So Young (Yoon Yeo Jeong) est une femme sans famille approchant des 70 ans, dont la seule retraite ne suffit pas à subvenir à ses besoins. Pour arrondir ses fins de mois, deux options : ramasser des cartons dans les rues pour les revendre ou la prostitution. So Young a choisi, elle est une « Bacchus Lady », une de ces femmes qui courent les parcs de Séoul à la recherche de clients. Cette appellation, qui se veut élégante, fait référence aux boissons énergisantes que ces femmes proposent à leurs clients en même temps que leurs services. Après un rendez-vous mouvementé chez son médecin, So Young rencontre Min Ho (Choi Hyeon Joon), un petit garçon. La mère de ce dernier, une immigrée philippine, est en prison ; So Young accueille donc Min Ho chez elle. Lorsqu’elle doit sortir travailler, elle confie le jeune garçon à ses voisins compréhensifs, Tina (An A Zu), une femme transgenre, et Do Hoon (Yoon Kye Sang), un homme célibataire infirme.

Le monde de So Young est peuplé de ces marginaux, ignorés du reste de la société, parmi lesquels elle semble trouver sa place. C’est lors de ses quelques rencontres avec les gens dits « normaux » qu’elle semble le plus mal à l’aise. S’ils la rejettent parfois avec mépris, elle peut également se montrer très hostile envers eux. Ainsi, lorsqu’un journaliste cherche à l’interviewer pour parler de sa situation, elle le rabroue à plusieurs reprises. Par ailleurs, le film aborde également un autre sujet à travers les clients vieillissants de So Young : la vieillesse et le désir de mourir des personnes âgées abandonnées par leur famille ou acculées par la maladie.  

De très nombreux thèmes sont donc abordés dans ce film qui s’intéresse principalement aux situations et aux personnes auxquelles on se refuse à penser habituellement. Si ces sujets sont pour la plupart accablants, le film n’en est pas pour autant appesanti. Les moments de petites joies simples sont nombreux et contrebalancent les passages chargés de violence symbolique. La retenue extraordinaire de So Young, qui sait  exprimer en peu de choses des émotions très vives, participe pour beaucoup à cette impression de regarder un quotidien pas si éloigné du nôtre, mais sans que nous en ayons conscience.

La volonté du réalisateur est de s’éloigner de l’image que renvoient habituellement les films traitant du sujet des Bacchus Ladies. Il n’est pas question de montrer le personnage de So Young comme une victime de son mode de vie. Elle est bien sûr dans une situation très compliquée mais elle n’est pas seule. Elle aide les personnes autour d’elle, tous ces autres marginaux qui n’ont d’autre choix que de se serrer les coudes. Elle incarne dans ce film une génération oubliée qui a pourtant contribué à la reconstruction du pays après la guerre de Corée, et à laquelle E J-Yong veut rendre hommage.

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