Life is Beautiful : un air de Corée

Le 25 octobre 2022, le Festival du Film Coréen de Paris choisit un étrange ovni pour la cérémonie d’ouverture de sa dix-septième édition : Life is beautiful (인생은 아름다워) de Choi Kook Hee (최국희). Après une première internationale au Festival International du Film de Fribourg (FIFF) en mars 2022, puis une sortie retardée en septembre à cause du COVID dans la péninsule, le film est arrivé en France en fanfare.

Synopsis :

Oh Se Yeon (오세연) est une femme au foyer ordinaire qui apprend qu’elle est condamnée par une maladie incurable. Comme cadeau d’anniversaire, elle demande à son mari, Kang Jin Bong (강진봉), de l’aider à retrouver son premier amour. Le couple, un peu éloigné par les années, entame donc un périple, aussi bien sur les routes coréennes que dans leurs souvenirs. De nombreux tubes coréens populaires, allant des années 70 aux débuts des années 2000, rythment ce voyage.

 

Affiches promotionnelles du film

 

Casting :

On retrouve à la fois des grands noms et des petits nouveaux pour donner de la voix dans le film. Yum Jung Ah (염정아), connue au cinéma pour Deux Soeurs (장화, 홍련), sorti en 2003, et plus récemment pour le méga hit Sky Castle (SKY 캐슬) en 2018, joue notre héroïne dans le présent.

Sa version adolescente est quant à elle interprétée par Park Se Wan (박세완) qu’on a notamment pu voir sur Netflix avec So Not Worth It (내일 지구가 망해버렸으면 좋겠어) en 2021.

Le mari désemparé est incarné par Ryu Seung Ryong (류승룡), un des acteurs phares de sa génération pour des films comme Miracle in Cell No.7 (7번방의 선물) en 2013 ou encore Extreme Job (극한직업) en 2019.

Enfin, Ong Seong Wu (옹성우) du groupe Wanna One, qui avait déjà fait ses preuves dans la série At Eighteen (열여덟의 순간) en 2019, prête ses traits au premier amour tant recherché.

 

Images extraites du film

 

Bande d’annonce :

 

 

Avis de la Rédac’ (Anaëlle) : 

À la frontière entre le “road movie” et le “jukebox musical”, entre le drame et la comédie, on ne peut s’empêcher de penser que Choi Kook Hee s’est prêté à un exercice risqué avec A Life Is Beautiful. Surtout lorsqu’on sait qu’il s’est principalement essayé aux thrillers et aux drames en tant que réalisateur, à l’instar de Split (스플릿) en 2016 et Default (국가부도의 날) en 2018. Et pourtant, il réussit avec brio. Les présentateurs du Festival l’ont bien rappelé, l’équipe ne voyait pas une autre œuvre pour commencer la programmation de cette année. Ils n’avaient pas tort. De fait, on ne peut pas rester indifférent face à ce film. On pleure, on rit, parfois les deux en même temps, on ne s’ennuie au final pas une seule minute.

Les fans de comédies musicales y trouvent évidemment leur compte : on chante au rythme de Lee Moon Sae (이문세), Lim Byung Soo (임병수), Lee Seung Chul (이승철), Toy (토이) ou bien Lee Juck (이적). On revient sur les nombreux tubes qui ont précédé, et parfois construit, la hallyu (한류). À noter que ce genre reste une denrée rare dans le paysage filmique coréen, ce qui est tout à l’avantage du film. On remarque également la performance admirable des acteurs qui, à de rares exceptions, ne sont pas des chanteurs professionnels.

Certains ressorts, comme la maladie d’une mère de famille délaissée, peuvent sembler un peu gros et typiques du soap opéra. Néanmoins, la réalisation les traite avec assez de finesse pour ne pas engourdir l’énergie débordante du film. Nos yeux sont éblouis par une explosion de couleurs quasi permanente, synonyme d’une époque et du genre.

Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’une esthétique et de quelques chansons, mais d’une aventure émotionnelle qu’on suit avec les personnages. Quand on arrive au bout des 2 heures et 2 minutes que dure la projection, on a compris que, comme l’indique le nom du film, la vie est belle.

 

 

Anaëlle P.

Publication : 18/02/2023

 

Sources et crédits photos et vidéo : Lotte Entertainment